Un mas dans les Alpilles, entre Avignon et Arles
Une chaîne de calcaire assez courte pour se traverser en une journée. Les trois portes par lesquelles on y loge, et ce que le mistral change.

Les Alpilles tiennent en une vingtaine de kilomètres d'est en ouest, entre la vallée du Rhône et la plaine de la Crau. C'est peu, et cela veut dire qu'on y séjourne sans jamais rouler longtemps : de Saint-Rémy aux Baux il y a dix minutes, d'Eygalières à Maussane un quart d'heure. Avignon est à vingt minutes, Arles à vingt-cinq. Le relief, lui, est plus abrupt que sa hauteur ne le laisse croire — les crêtes sont dénudées, et les combes sèches montent vite.
Les trois portes. Saint-Rémy-de-Provence est la plus vivante : marché le mercredi, commerces ouverts à l'année, et les ruines de Glanum au pied de la chaîne. Eygalières, à l'est, est plus petite et plus chère, avec des mas isolés au milieu des oliviers. Maussane et Le Paradou, au sud, donnent sur la plaine des oliveraies et restent plus calmes. Les Baux-de-Provence, enfin, se visitent plutôt qu'ils ne s'habitent : le village est pris d'assaut la journée et se vide le soir.
Ce que change le mistral. Il descend du couloir rhodanien, souffle plusieurs jours de suite, et c'est lui le véritable climat des Alpilles. Il dégage le ciel — c'est pour cela que la lumière y est ce qu'elle est — mais il rend une terrasse inutilisable et refroidit nettement les soirées, y compris en juin. Les mas lui tournent le dos : vérifiez l'exposition de la terrasse, et la présence d'une haie de cyprès, qui n'est pas là pour la photographie.
L'huile et la pierre. La plaine qui borde la chaîne au sud est une oliveraie presque continue, et les moulins se visitent au moment de la récolte, de novembre à janvier. Les carrières de calcaire des Baux, exploitées depuis l'Antiquité, ont fourni la pierre des villages alentour ; c'est la même roche blanche qu'on retrouve dans les murs des maisons qu'on loue. Les marchés tiennent le reste de la semaine, et chaque village a le sien.
Quand venir. Avril et mai donnent la garrigue en fleur et des journées déjà chaudes ; septembre et octobre, les vendanges puis les olives. Juillet et août sont chauds, et c'est là que l'inertie des murs de pierre compte le plus : volets fermés le jour, ouverts la nuit. Les villages perchés se visitent tôt le matin ou en fin de journée — à quatorze heures, la pierre blanche renvoie tout.
Ce qu'il y a autour, à moins d'une heure. La chaîne est petite, mais elle est bien placée. Arles et ses arènes sont à vingt-cinq minutes, Avignon et son palais à vingt, Nîmes à trois quarts d'heure. La Camargue commence juste au sud : étangs, salins, et les plages des Saintes-Maries à une heure. Le Luberon est à l'est, à trois quarts d'heure par la vallée de la Durance. Une maison dans les Alpilles permet donc des journées entières ailleurs sans jamais changer de lit, ce qui est rare en Provence.
Nos adresses des Alpilles se louent en direct avec leurs propriétaires, qui savent de quel côté souffle le vent chez eux et quel jour le marché voisin se tient.