
Alpilles
Une courte chaîne de calcaire blanc posée au milieu des oliviers, entre Avignon et Arles, trop basse pour s’appeler montagne et trop abrupte pour se confondre avec la plaine. Les Alpilles tiennent dans des villages de pierre, des mas protégés du vent par des rangées de cyprès, et des carrières qui ont nourri la pierre de la région bien avant le tourisme.
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Les Alpilles forment une chaîne de calcaire blanc, étroite et basse, posée en travers de la plaine entre la vallée du Rhône et celle de la Durance. Vue de loin, elle ressemble à une arête rocheuse plutôt qu’à un massif : ses crêtes dénudées, trouées de combes sèches, tranchent nettement avec les terres agricoles qui l’entourent de tous côtés. Cette brièveté est trompeuse — la roche y est aussi abrupte que dans une vraie montagne, simplement plus courte, et les villages qui s’y adossent profitent du même relief défensif que des sommets bien plus hauts. La végétation qui couvre les pentes est celle de la garrigue : thym, romarin, chêne vert et genévrier poussent sur un sol pauvre et caillouteux, entre des parois de calcaire à nu. Sur les terres plus basses, les oliveraies occupent le pied de la chaîne depuis des siècles, disposées en restanques lorsque la pente l’exige. Le mistral, qui descend du couloir rhodanien, frappe la région avec une régularité que les cultures ont fini par intégrer : les mas sont orientés pour lui tourner le dos, et des rangées de cyprès, plantées en lisière des champs, servent de brise-vent autant que de repère visuel dans le paysage. Saint-Rémy-de-Provence, au pied du versant nord, garde les ruines de Glanum, une ville antique dont il subsiste un arc et un mausolée encore debout au bord de la route qui mène vers les Alpilles ; c’est aussi dans cette campagne que Van Gogh a peint les cyprès et les oliviers qui occupent aujourd’hui une bonne partie de son œuvre tardive. Les Baux-de-Provence occupe l’autre versant : le village s’accroche à un éperon rocheux qui domine la plaine, sous un château en ruine et au-dessus d’anciennes carrières de pierre dont l’exploitation a donné son nom à un minerai rouge découvert sur place, la bauxite. La maison typique de la région, le mas provençal, répond directement à ce climat : murs de pierre épais, peu d’ouvertures sur la face nord, toit de tuiles à faible pente, et une rangée de cyprès plantée en protection du côté du vent dominant. Un séjour dans les Alpilles se construit autour de courtes distances entre villages, de marchés de producteurs et de promenades sur les crêtes, d’où la vue porte aussi bien sur la plaine de la Crau, à l’est, que sur la vallée du Rhône, à l’ouest. On s’y loge volontiers dans un mas isolé au milieu des oliviers, à l’écart du village le plus proche, ou dans une maison de village aux volets bleus ou verts, typiques de la région. Les journées s’organisent autour de l’ombre : celle d’un platane sur une place, celle d’une tonnelle dans une cour, ou celle, plus fraîche, des ruelles étroites des villages perchés. Les Alpilles se parcourent en une journée, d’un bout à l’autre, et c’est un rythme qu’on retrouve dans les matinées : un marché de village avant la chaleur, puis la montée sur une crête tant que l’air reste frais, et la redescente avant que le soleil n’aplatisse le paysage. La pierre blanche, l’olivier et le cyprès composent ensemble une même image, reconnaissable d’un village à l’autre, dans une campagne encore largement tournée vers l’huile d’olive plutôt que vers le seul tourisme.
Y aller, quand venir
Une voiture reste utile pour passer d’un village à l’autre, les distances restant courtes mais les liaisons directes rares. Les ruelles des villages perchés, comme celles des Baux-de-Provence, se visitent à pied, la plupart étant fermées à la circulation. L’été y est chaud et sec, et le mistral peut souffler plusieurs jours de suite, y compris hors saison ; les ailes de saison laissent une campagne plus verte et des routes moins fréquentées.
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