
Villa Santa Giulia
Porto-Vecchio · Corse
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Une montagne posée dans la mer : plus de cent vingt sommets dépassent deux mille mètres, et aucun point de l’île n’est à plus de quarante kilomètres du rivage. Des criques transparentes, des villages accrochés au granit, et un intérieur que l’on sous-estime toujours. La Corse se mérite, et c’est ce qui fait son prix.
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On voit surtout ses plages, et on a tort : la Corse est d’abord une montagne, et sa chaîne principale la traverse en diagonale du nord-ouest au sud-est. Plus de cent vingt sommets y dépassent deux mille mètres, le Monte Cinto montant à deux mille sept cent six, et cette arête a longtemps séparé l’île en deux moitiés que l’on nommait l’En-Deçà et l’Au-Delà des Monts. La géologie suit la même ligne : granit au sud et à l’ouest, schiste au nord-est, et c’est ce qui explique que les paysages changent si vite d’un versant à l’autre. Le maquis couvre le reste — ciste, myrte, lentisque, arbousier, immortelle — sur près d’un cinquième de la surface, et c’est lui que l’on sent avant de voir quoi que ce soit. La côte alterne les deux roches et les deux couleurs. Bonifacio tient sur une falaise de calcaire haute d’une soixantaine de mètres, creusée par la mer et coupée d’un escalier taillé à même la paroi : une tache blanche inattendue sur une île où le granit domine. Porto-Vecchio ouvre sur les golfes du sud et sur des sables que l’on photographie depuis cinquante ans, de Palombaggia à Santa Giulia. Sur l’autre façade, le golfe de Porto réunit les calanques de Piana, la réserve de Scandola et le village de Girolata, inscrits ensemble au patrimoine mondial depuis 1983 ; la roche y est du porphyre rouge, et elle tombe droit dans une eau claire. Calvi, plus au nord, regarde la Balagne et ses villages d’oliviers, Sant’Antonino, Pigna, Corbara, où les églises baroques signalent les trois siècles de présence génoise. Gênes a laissé bien davantage que des églises. Une centaine de tours rondes, bâties au XVIᵉ siècle contre les incursions barbaresques, surveillent encore le littoral de loin en loin, et l’on en aperçoit presque toujours une depuis une plage. Les châtaigniers de la Castagniccia, plantés sous la même administration, ont nourri des vallées entières : la farine de châtaigne y reste un produit courant. Corte, au centre, fut la capitale de la Corse indépendante de Pascal Paoli entre 1755 et 1769, avec sa citadelle sur un piton et une université fondée en 1765, rouverte en 1981. Et dans toute l’île, la polyphonie se chante encore à trois voix, les paghjelle, inscrites en 2009 au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. L’intérieur vaut le détour autant que la côte, et il est bien moins fréquenté. Les gorges de la Restonica remontent depuis Corte vers des lacs d’altitude ; le Niolu, autour de Calacuccia, est le plus haut bassin habité de l’île ; les aiguilles de Bavella dressent leurs dents de granit au-dessus de la forêt de l’Ospedale. Le GR 20 traverse tout cela du nord au sud, de Calenzana à Conca, sur quelque cent quatre-vingts kilomètres et une quinzaine d’étapes exigeantes — ce n’est pas une randonnée de vacances, et les refuges se réservent. Pour qui ne monte pas si haut, les sentiers de pays, les mare a mare, relient les deux côtes en quelques jours et traversent des villages où l’on dort chez l’habitant. La table suit le relief : charcuterie de porc coureur dans les vallées à châtaigniers — coppa, lonzu, figatellu l’hiver —, brocciu de brebis ou de chèvre selon la saison, miels aux goûts très différents d’une vallée à l’autre, et des vignobles qui vont du Patrimonio, au nord, à ceux d’Ajaccio et de Figari. Les distances, elles, restent trompeuses : cinquante kilomètres de route de montagne demandent facilement deux heures, et c’est en l’acceptant qu’on voit l’île plutôt que de la parcourir.
Quatre aéroports — Ajaccio, Bastia, Figari, Calvi — et des liaisons maritimes depuis Marseille, Toulon et Nice, à réserver tôt pour embarquer un véhicule en été. Mai, juin et septembre restent les meilleurs mois ; en août, la circulation et les prix montent ensemble. Un véhicule est indispensable, et une petite voiture vaut mieux qu’une grosse sur les routes de l’intérieur, souvent étroites et sans glissière. Le GR 20 et les refuges se réservent à l’avance, et les gorges de la Restonica ferment leur accès routier en haute saison au-delà d’un certain nombre de véhicules.

Porto-Vecchio · Corse

Calvi · Corse

Bonifacio · Corse

Calvi · Corse
Seuls les lieux qui en comptent au moins une figurent ici. La liste s’allonge à mesure que le catalogue grandit.