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Côte d’Azur

Un littoral tendu entre la roche rouge de l’Esterel et les falaises blanches des calanques, où les villas Belle Époque côtoient les villages perchés de l’arrière-pays. La Côte d’Azur tient deux paysages qui se tournent le dos : une bande construite au bord de la mer, et des collines qui commencent dès que la route s’éloigne du rivage.

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La Côte d’Azur n’est pas une seule roche mais deux, et le contraste se voit d’une baie à l’autre. Autour de l’Esterel, entre Saint-Raphaël et Mandelieu, le relief est volcanique : une roche rouge sombre, presque violette par endroits, se découpe en aiguilles et en caps qui plongent directement dans une mer qui en paraît plus bleue encore. Plus à l’ouest, vers Cassis, le calcaire reprend ses droits : des falaises blanches, verticales, referment des calanques étroites où l’eau garde une transparence que la roche rouge ne permet pas. Entre ces deux extrémités, la côte alterne caps rocheux, golfes abrités et presqu’îles boisées de pins parasols, sans jamais revenir longtemps à une plage plate et continue. L’architecture du littoral porte la marque d’une arrivée tardive et massive de visiteurs venus passer l’hiver au soleil : de grandes villas aux façades ocre ou rose, aux balcons de fer forgé tournés vers le large, entourées chacune de son propre jardin planté de palmiers qui n’ont rien de local, occupent encore les meilleures parcelles sur les hauteurs de Nice, de Cannes ou de Menton, posées à distance les unes des autres plutôt que mitoyennes comme le bâti qui les entoure aujourd’hui. La vieille ville de Nice, elle, raconte une autre histoire : ses façades hautes et étroites, ses persiennes et ses toits de tuiles rondes doivent davantage à l’Italie, dont la ville a longtemps dépendu, qu’à la Provence voisine. Le long du rivage, les routes en corniche, superposées à flanc de falaise entre Nice et la frontière, ont été taillées directement dans la roche pour offrir un passage là où la montagne plongeait jusque dans l’eau. À quelques virages de la mer, l’arrière-pays change de registre. Des villages comme Èze, Gourdon ou Saint-Paul-de-Vence occupent un piton rocheux ou une crête, bâtis en pierre sèche à la manière défensive des siècles où la côte restait exposée aux incursions venues du large : ruelles en escalier, maisons adossées les unes aux autres jusqu’au rempart, porte unique surveillant l’accès. Passé ces villages, les collines se couvrent de pins, de chênes verts et de champs de fleurs cultivées pour la parfumerie autour de Grasse, qui a bâti sa réputation sur cette culture plutôt que sur la mer. La route y devient étroite et sinueuse, et le bruit du littoral disparaît dès les premiers lacets. Un séjour ici oppose presque toujours ces deux versants. Sur le littoral, on loge en villa avec terrasse et vue sur la mer, on descend vers une crique par un chemin taillé dans la roche, on marche le long du sentier qui longe la côte d’un cap à l’autre. Dans l’arrière-pays, on préfère une maison de pierre au milieu des pins, plus fraîche en été et déjà hors de portée du bruit côtier, bien que la mer y reste visible depuis les hauteurs. Les deux versants se parcourent dans la même journée, mais rarement dans le même état d’esprit : l’un se vit en maillot de bain, l’autre en chemin de randonnée. La journée, ici, se joue souvent en deux temps : le matin sur la plage ou au marché du front de mer, l’après-midi remontée dans les pins, à l’ombre d’une terrasse d’où l’on aperçoit parfois la mer sans l’entendre. L’arrière-pays reste rural, planté d’oliviers et de vignes, traversé de gorges et de rivières qui n’apparaissent sur aucune carte postale de la Côte d’Azur — c’est pourtant lui qui explique pourquoi la roche change de couleur d’un cap à l’autre, et pourquoi certains villages tournent le dos à une mer qu’on ne devine, depuis leurs remparts, que tout au loin.

Y aller, quand venir

Une voiture reste nécessaire pour relier le littoral à l’arrière-pays, les routes de corniche et les routes de montagne exigeant toutes deux davantage de temps que ne le laisse croire une carte. Les vieilles villes de Nice, de Cannes ou des villages perchés se visitent à pied, leurs ruelles étant pour la plupart fermées ou impraticables en voiture. L’été y est chaud et sec, tempéré sur le littoral par la mer et nettement plus marqué dans l’arrière-pays ; les ailes de saison, plus douces, laissent aussi les villages perchés moins chargés de visiteurs.

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