
Périgord
Une vallée creusée par la Dordogne entre des falaises de calcaire, où des châteaux se font face depuis leurs promontoires et où des villages entiers s’abritent sous un même surplomb rocheux. Le Périgord change de pierre et de couleur du nord au sud, du noir des forêts de chênes au blanc des collines calcaires.
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Le Périgord se divise traditionnellement en quatre teintes, et chacune correspond à un paysage distinct. Le Périgord noir, au sud-est, autour de Sarlat, tire son nom des forêts de chênes et de châtaigniers qui couvrent ses collines et qui, vues de loin, paraissent sombres même en plein été. Le Périgord blanc, autour de Périgueux, doit le sien au calcaire clair qui affleure partout, dans les champs comme dans les murs des maisons. Au nord, le Périgord vert, plus arrosé, garde des prairies et des forêts de feuillus qui annoncent déjà le Limousin ; au sud-ouest, le Périgord pourpre s’ouvre sur des coteaux de vigne autour de Bergerac. Ces quatre noms ne recouvrent aucune limite administrative : ils disent simplement ce que l’œil voit changer en traversant la région. La rivière Dordogne a creusé, en méandres serrés, une vallée bordée de falaises calcaires qui portent encore la trace d’anciennes carrières et de grottes. À La Roque-Gageac, les maisons s’appuient directement contre la paroi, certaines creusées en partie dans la roche, sous un surplomb qui les protège autant qu’il les écrase visuellement depuis la rivière. Sur les hauteurs qui dominent la vallée, les châteaux de Beynac et de Castelnaud se font face depuis deux promontoires opposés, vestiges d’une frontière qui a longtemps séparé les possessions françaises et anglaises durant la guerre de Cent Ans ; la plupart des forteresses de la vallée datent de cette période de lignes de défense mouvantes, plutôt que d’un seul règne ou d’une seule décision. Le Périgord garde aussi la trace de villes neuves fondées au même moment, sur un plan réfléchi plutôt que sur une croissance progressive : les bastides, comme Domme ou Monpazier, s’organisent autour d’une place centrale bordée d’arcades, avec des rues qui se croisent à angle droit — un urbanisme pensé d’un seul geste, qui tranche avec les ruelles tortueuses des villages plus anciens. Plus au nord, la vallée de la Vézère, un affluent de la Dordogne, creuse ses propres falaises calcaires, trouées d’abris et de grottes — dont celle de Lascaux — où des peintures préhistoriques ont été retrouvées sur plusieurs parois, témoignant d’une occupation humaine continue sur une durée que l’on mesure difficilement à l’échelle d’un séjour. L’architecture du Périgord noir se reconnaît de loin à ses toits de lauzes, de lourdes plaques de calcaire taillées fines et empilées en écailles, qui imposent une pente raide pour évacuer l’eau et supporter leur propre poids. Les maisons, en pierre blonde, s’organisent souvent autour d’une cour fermée, avec un pigeonnier isolé ou accolé au bâtiment principal. Dans la campagne environnante, les noyers occupent une bonne partie des terres cultivées, et les chênes des coteaux secs abritent, dans leurs racines, les truffes que l’on récolte en hiver. Un séjour ici se construit autour de la rivière — en canoë, en longeant les berges à pied, ou depuis les terrasses des villages qui la surplombent — et autour des marchés de producteurs qui rythment les villages sans qu’aucun jour ne soit le même partout. Le nom touristique de « vallée de la Dordogne » laisse parfois croire à une région uniforme ; elle ne l’est pas. Le noir des forêts, le blanc du calcaire, le vert des prairies du nord et le pourpre des vignes du sud-ouest composent quatre paysages différents, reliés par la même rivière et par une pierre qui change de teinte sans jamais changer de nature. Ce qu’on y cherche, c’est cette accumulation visible de strates — préhistoriques, médiévales, rurales — sur un territoire resté largement agricole, loin des stations balnéaires et des grandes villes.
Y aller, quand venir
Une voiture reste nécessaire pour relier les villages de la vallée entre eux, les distances restant modestes mais les routes sinueuses le long de la rivière. Les ruelles des bastides et des villages perchés, comme La Roque-Gageac ou Domme, se visitent à pied. L’été y est chaud, avec des orages plus fréquents que sur la côte méditerranéenne ; les ailes de saison, plus fraîches, laissent aussi les rives de la rivière moins fréquentées pour qui préfère le canoë au plein été.
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