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Sicile

Une île volcanique au carrefour de plusieurs mers, où les cultures grecque, arabe, normande et espagnole se lisent encore sur les façades. La Sicile change de paysage plusieurs fois par jour, et ne se raconte jamais de la même façon deux fois.

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L’île domine la Méditerranée depuis son volcan, l’Etna, dont le sommet enneigé une partie de l’année regarde à la fois la mer Ionienne et l’intérieur des terres. Ses pentes noires, couvertes de coulées de lave refroidie, portent des vignes plantées dans la cendre et des villages construits en pierre volcanique sombre, qui tranchent avec le calcaire clair du reste de l’île. Car la Sicile n’a pas un seul sol : au nord, la côte tyrrhénienne se resserre entre mer et montagne ; à l’est, la côte ionienne s’étend au pied de l’Etna ; au sud, les plaines s’ouvrent largement, couvertes d’amandiers et d’oliviers, jusqu’aux falaises blanches qui dominent la mer. L’intérieur, montagneux et moins connu, garde des villages de hauteur que la plupart des visiteurs ne font que survoler. Ce qui frappe, en Sicile, c’est la superposition des cultures qui s’y sont installées tour à tour. Les colons grecs ont laissé des temples encore debout, dont certains se dressent seuls au milieu des champs, sans qu’aucune ville ne les entoure plus. Les Arabes ont apporté les agrumes, les canaux d’irrigation et le goût des jardins clos. Les Normands ont construit des cathédrales qui mêlent les voûtes gothiques aux mosaïques dorées et aux coupoles d’inspiration arabe, en particulier à Palerme, où les trois influences se lisent parfois dans un même édifice. Plus tard, des tremblements de terre ont conduit à rebâtir tout un pan du sud-est de l’île dans un baroque tardif, généreux en courbes et en balcons ouvragés, que l’on retrouve à Noto ou à Ragusa. La pierre change avec les cultures : calcaire blond des villes baroques, basalte noir autour de l’Etna, tuf clair par endroits sur la côte. Les maisons de campagne, souvent basses et closes sur une cour intérieure, se protègent du soleil plus qu’elles ne s’ouvrent sur le paysage ; les grandes fenêtres n’y sont pas la règle. En ville, les façades jouent davantage, avec des balcons en fer forgé et des frontons sculptés qui portent encore les traces de chaque époque de construction. Un séjour en Sicile demande de choisir un point d’appui plutôt que de vouloir tout voir : la côte ionienne et l’Etna pour qui veut la mer et le volcan ensemble, le sud-est baroque pour les villes de pierre blonde, l’ouest pour les marais salants et une lumière différente, plus plate. L’intérieur se traverse lentement, sur des routes qui montent et qui tournent, entre champs de blé et villages perchés. On y loge aussi bien dans une maison de ville ancienne, aux plafonds hauts et aux volets clos sur la chaleur, que dans une ferme isolée entourée d’amandiers. On ne trouvera pas en Sicile une île uniforme : c’est une terre de contrastes, entre le noir du volcan et le blanc du baroque, entre la côte dense et l’intérieur presque vide. Ce qu’on y cherche, c’est cette épaisseur historique, visible dans chaque village, et un littoral qui alterne plages, falaises et ports de pêche sans jamais se répéter longtemps.

Y aller, quand venir

La Sicile est une île : on y arrive par bateau ou par avion, et une voiture reste nécessaire pour relier les différentes parties de son territoire, assez étendu. Les routes de l’intérieur, sinueuses, demandent plus d’attention que celles de la côte. L’été y est chaud et sec, plus encore à l’approche de l’Afrique au sud de l’île ; un vent venu du sud peut alourdir l’air pendant plusieurs jours d’affilée. L’Etna reste un volcan actif, et l’accès à ses pentes les plus hautes dépend de son activité du moment.

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